Le Conseil d’arrondissement d’Outremont a voté un projet de règlement modifiant le zonage des avenues commerciales Bernard et Laurier afin d’y interdire tout nouveau lieu de culte. Nous appuyons ce projet de règlement pour les motifs suivants :

  • Les lieux de culte, malgré leur possible bienfait pour les fervents qui les fréquentent, sont fermés de la société environnante et dotés de façades dépersonnalisées. Implantés sur une rue commerçante, au cœur de la vie de quartier à notre époque contemporaine, ils freinent le désir de progresser vers les prochains marchands ou le plaisir de simplement s’y promener.
  • Les citoyens d’Outremont sont généreux, respectueux, instruits et ouverts. Ils ne souhaitent pas priver les communautés religieuses de disposer de lieux de culte. Toutefois, ils demandent qu’on fasse preuve de la même générosité, du même respect et de la même ouverture à leur égard.
  • Les principes de planification urbaine accordent une grande importance à la continuité ininterrompue des commerces sur une artère commerciale. L’implantation de nouveaux lieux de culte sur nos artères commerciales vient rompre cette continuité des commerces et gêne l’animation du domaine public, essentielle à la qualité de la vie du quartier.
  • Prioriser les activités commerciales procurant une meilleure animation des façades et une bonne interaction avec le domaine public assure la continuité nécessaire de la trame commerciale. Interrompre ce flux commercial revient à asphyxier la vitalité commerciale, ainsi que la vie sociale et culturelle qui caractérise la vie de quartier à Outremont.
  • Les programmes de subvention offerts par la Ville de Montréal, notamment Réussir@Montréal, programme de subventions relatives à la revitalisation des secteurs commerciaux, imposent des critères de densité commerciale. Une augmentation des lieux de culte sur une artère commerciale pourrait priver les avenues Laurier et Bernard de leur droit aux subventions de revitalisation.
  • Les citoyens d’Outremont veulent soutenir les Associations de commerçants dans leurs efforts pour stimuler la fréquentation et l’animation sur leurs avenues et désirent donc que l’arrondissement prévoie des usages qui assureront leur vitalité. Ils  veulent conserver leurs artères commerciales vivantes, animées parce qu’elles font partie de leur qualité de vie et qu’ils veulent maintenir leurs commerces de proximité.
  • Il ne s’agit nullement d’interdire les lieux de culte sur le territoire de l’arrondissement. Il existe déjà pas moins de 12 zones où l’ouverture de lieux de culte est permise. Par ailleurs, dans le seul quadrilatère formé par les rues du Parc/Durocher entre Laurier et Van Horne, on dénombre au moins 15 lieux de culte.
  • L’exclusion de deux zones de moins de 500 mètres ne saurait représenter une menace ou une attaque envers quelque religion que ce soit.
  • En plus de priver l’arrondissement de revenus, permettre l’ouverture de nouveaux lieux de culte sur nos avenues commerciales serait se priver (ce dernier) d’autant d’espaces pour diversifier une offre susceptible d’attirer plus de résidants et de visiteurs.
  • Outremont n’est pas le seul arrondissement à réfléchir sur ce sujet et à légiférer afin de prioriser les activités commerciales à la faveur d’une saine urbanisation et de bonnes relations interculturelles et interconfessionnelles. À l’instar de plusieurs autres arrondissements, Outremont est préoccupé de régir les zones accessibles aux lieux de culte, en continuité avec (de) ce qu’il a déjà été fait (réalisé) sur l’avenue commerciale Van Horne.

Au cours des derniers mois et années plusieurs arrondissements ont légiféré ou se sont penchés sur ce dossier :

Chacun d’eux a procédé (ou est en voie de le faire) à une harmonisation ou à une modification des règlements pour régir les zones accessibles aux lieux de culte.